Lettre au Préfet

Monsieur René BIDAL
Préfet des Pyrénées Orientales
24, quai Sadi Carnot
66951 Perpignan Cedex

Sèvres, le 10 mars 2012

Objet :  Aberrations et erreurs grossières sur l’expertise de DDTM à chaque paragraphe (projet PPRN Reynès 66)
Arrêté préfectoral n°2011032-0009
                Lettre R-AR et Emails

Monsieur le Préfet,

Nous portons à votre connaissance les données mises en avant par DDTM, dans son rapport d’expertise de 43 pages (daté de janvier 2012, déposé en mairie, et dont nous n’avons pu prendre connaissance que mardi 3 mars dernier), sur les débits, profils, hydrogramme, précipitations, morphologie (profils), morphologie (transports solides) et écoulements-débordements.

P3-5 : débits de la crue « aïguat de 40 », référence du PPRN, est un mélange inapproprié entre les observations de terrain, les modélisations et les projections. Nous avons essayé de reconstituer une cohérence ce qui s’est avéré impossible (voir page jointe).

P6 : hydrogramme de «la crue avec un pic de 3 500 m3/s, de montée extrêmement rapide» écrit de DDTM. Cette pointe correspond exactement à la rupture du barrage de la LLAU. Toutefois, DDTM affirme en page 41, que «l’effet en hauteur d’eau à REYNES est seulement de 3 cm». Bien sûr, ce phénomène artificiel et non naturel est totalement minimisé par DDTM.

P7-9 : précipitations (lame d’eau) « en aval de Reynès (Cantayre) est modeste» d’après DDTM. Toutefois, DDTM affirme par ailleurs, que les affluents de la Têt à l’Est du Canigou ont débité 1800 m3/s sur 3 600 m3/s à Perpignan. Les précipitations, poussées, en plus, par un vent sud-est, n’atteignaient pas que la rivière Boulés mais aussi l’Ample (sources au col Fourtou)!

P10-13 : morphologies des profils reconstitués par nos soins à partir de vos chiffres (voir page jointe) démontrent une section mouillée « de 480 m2 » aux layons P5-P7. Pour que l’eau puisse se déverser sur la route au droit de P5-P7, il serait impératif d’avoir une section mouillée de 700-800 m2, ce qui est impossible à partir des chiffres de DDTM.

P14-P22 : morphologies des transports solides sur 8 pages n’a aucun intérêt car tous les hydrologues savent qu’en période de crue, le lit se creuse et qu’en période de décrue les sédiments se déposent : à ce jour « au plus bas comme en 1922 et 1940 ».

P23-32 écoulements-débordements évoqués sur 9 pages (modélisation HEC-RAS) est sans intérêt car DDTM se tourne en
page 31 vers « une démarche pragmatique qui conduirait à des débordements au-dessus de la route départementale de plus de 1,5 m ». Chiffre de 1,5 m décrété sans aucune logique causale avec la modélisation et les valeurs des sections.

P33-43 …..

Enfin, le débit 3 500 m3/s évoqué « à chaque page » (modèle de QUESNEL-PARDE (1942)), fonction des chiffres de DDTM (sections et vitesses) ne peut être que de 2 688 m3/s ; ce qui est cohérent avec toutes les études de ces 15 dernières années.

En outre, aucune des 13 annexes annoncées en préliminaire et surtout l’étude topographique (altitudes sur toute la zone du Cabinet HydroGéosphère) n’ont été fournies. Annexes, pourtant indispensables pour valider et comprendre l’analyse de DDTM.

Dans l’attente d’une expertise rigoureuse privilégiant le terrain, sans aberrations ni erreurs grossières sur l’inondation et les glissements de terrains aussi, nous vous prions, Monsieur le Préfet, d’agréer l’expression de toute notre considération.

ANNEXE : Données observations-modélisations avec des historiques sur les débits, vitesses, pentes, rugosité