MANIFESTATION du 19 avril 2011

Article de l'Indépendant du 22 avril 2011 par Arnaud Mateu

Plan de prévention des risques :
La Forge entre en résistance

Les habitants de La Forge entendent bien mettre la pression sur les services de l'État.

Un vent de contestation souffle sur La Forge depuis la fin du mois de mars. "Un cabinet d'étude national a pondu l'an dernier un Plan de prévention des risques naturels (PPRN), où trente habitations, qui étaient en zone blanche dans le plan de prévention de 1993, sont passées en zone rouge en raison de prétendus risques d'inondation, tempête Jean-François Dunyach, l'un des porte-parole du collectif Canviem, qui fédère plusieurs dizaines d'habitants mécontents. Si ce plan est promulgué, nos maisons perdront 30 % de leurs valeurs et les cotisations d'assurance vont monter en flèche". Les Reynèsiens sont d'autant plus en colère que, selon eux, ce nouveau PPRN comporterait un certain nombre d'incohérences. "Il a été fait par ordinateur à Paris. Ses concepteurs ne sont venus sur le terrain qu'une fois le travail terminé, dénonce Héléna. Ici, on est à 180 mètres de hauteur et on est en zone blanche, alors que la maison d'en face, qui est à 181 mètres, est en zone rouge. On veut comprendre pourquoi". L'hydrogéologue Christian Sola est également dubitatif : "Ils se basent sur l'Aïguat de 1940. Nous contestons leurs calculs et leurs interprétations. Ils prennent toujours les chiffres les plus élevés". Et Héléna de revenir à la charge : "Tout a changé depuis 1940. La rivière s'est creusée de deux mètres avec l'érosion. Sans compter qu'aujourd'hui, le syndicat du Tech enlève régulièrement les arbres qui obstruent le courant". Plusieurs membres du collectif évoquent également les aménagements réalisés pour faciliter l'écoulement des eaux au niveau du pont situé en amont.

"Nous voulons une nouvelle enquête"

Autre motif d'indignation pour les membres du collectif : selon eux la manière dont s'est déroulée la concertation pose problème. "La publicité officielle a été faite, concède Jean-François Dunyach. Mais vu que Reynès est géographiquement éclaté, personne n'a été au courant. Nous avons été prévenus par hasard le 20 mars, alors que l'enquête publique se terminait le 8 avril". Malgré cette alerte tardive, la mobilisation s'est avérée rapide. Ainsi, le jeudi 7 avril, le collectif a organisé une réunion d'information qui a rassemblé soixante personnes. "J'ai demandé qui était au courant et seules six personnes, dont quatre conseillers municipaux, ont répondu par l'affirmative", se souvient Jean Pi. "C'est pourquoi nous demandons une nouvelle enquête publique et une réunion avec les services de l'État, renchérit Jean-François Dunyach. Il faut que la concertation recommence afin que tout le monde puisse y participer. D'autant plus qu'on s'est aperçu que d'autres parties du village sont concernées par l'extension des zones rouges". Si le plan est promulgué dans l'état, les membres du collectif n'excluent pas de déposer un recours au tribunal administratif. Du côté de la mairie, l'adjoint à l'urbanisme, Robert Gatounes, déclare attendre pour l'heure les conclusions de l'enquête publique : "C'est à ce moment-là que nous nous prononcerons sur notre position. Mais si rien ne change, nous sommes tout à fait prêts à soutenir les riverains". Le commissaire enquêteur devrait rendre son avis dans le courant du mois de mai. Le préfet aura ensuite un mois pour approuver, ou non, ses conclusions. Affaire à suivre.

Arnaud Mateu