Réunion du 5 mai 2011

Canviem a organisé ce jeudi 5 mai, à la salle des Echoppes, une nouvelle réunion avec plus de 70 Reynésiens en présence de Mme Laporte déléguée par M. Robert Garrabé, Conseiller Général de la circonscription, et, dans l'assistance M. Alain Farriol Maire de Reynès. Cette réunion avait pour but d'expliquer les démarches entreprisent par l'association, de présenter la méthode employée par les services de l'Etat pour imposer le maximum de zones rouges et bleu foncé et de répondre aux multiples questions que se posent les habitants de Reynés, habitants qui découvrent encore, un mois après la fin de l'enquête publique, le classement de leurs parcelles en rouge ou bleu foncé.

Un mépris total du citoyen de Reynès

La rencontre, le 11 avril, de 5 représentants de Reynès, accompagnés de leur Maire, avec RTM (Réfection des Terrains de Montagne, anciennement ONF) représentants de l'Etat, a laissé un énorme sentiment d'indignation chez tous. « On s'est fait balader tout l'après-midi, aucune explication n'était convaincante : les chiffres des débits 3500 m3/s, 4500 m3/s et pourquoi par 10.000 m3/s comme le Rhône et les sections affichées ne reposaient sur rien, les profils projetés avaient des échelles différentes sur le même plan. Ils ne nous ont donné aucune dimension réelle mesurée sur le terrain. Ils se sont même trompé et contredit. Et le pire, les témoignages de nos ainés, que nous avons apportés, ont été tournés en dérision » avec en fin de réunion leur conclusion que « c'est trop gros à changer !» (car, cette aberration touche 32 maisons) s'indigne excédé Jean Pi Président de Canviem. Ce constat est partagé. «Nous avons été amusés pendant 2 heures sur des bases fausses avec « cela peut revenir ou non » (l'aiguat de 40). Certes, cette catastrophe peut se reproduire mais il faut que ce soit documenté de manière rigoureuse sans se baser sur le sentiment de peur» affirme Jean-Pierre Marquès. Tous les habitants de La Forge ont contesté le fait, décrété par l'Etat, que l'inondation par le Tech de leurs maisons est prévisible par plus de 2 mètres d'eau, auprès du Commissaire Enquêteur, par des écrits individuels et collectifs, avec des arguments précis. En 40, aucune preuve n'existe de l'arrivée de l'eau sur cette zone ! En outre, le collectif a envoyé plus de 10 courriers documentés avec des photos, des mesures et des témoignages auprès de tous les organismes concernés. Une seule réponse négative a été adressée de la part de la Sous-préfecture. « Ils se moquent de nous, ils réfutent même les articles de base incontestables du code de l'environnement sur lesquels toute enquête publique doit s'appuyer ; nos avocats sont sidérés d'une telle légèreté !», dit Jean-François Dunyach. Dans la salle, des participants réclament que l'association se batte sur les bases scientifiques qui semblent oubliées. A ce moment des discussions, M. Alain FARRIOL Maire de Reynès intervient pour signifier « que de son côté, il n'est pas resté inactif, et qu'à sa demande, des responsables de RTM et de DDTM sont passés en mairie pour envisager de faire des mesures de sections du Tech et que la réfection du réseau routier devrait ainsi nuancer les conditions en zone rouge !».

Une transformation des faits et une manipulation des chiffres

Le collectif remet fortement en cause les documents justificatifs du « PPR de Reynès » qui étaient présentés lors de l'enquête publique réalisée par RTM et « l'atlas des zones inondables du Tech » de 2006, du bureau d'étude SIEE puis validé par l'organisme régional d'Etat DREAL. Ces documents permettent de justifier les nouveaux zonages rouges et bleus. Or, sur les documents justificatifs du « PPR de Reynès », «Si nous sommes conscients des désastres de « l'aiguat de 40 », il y a sur Reynès 6 pages ahurissantes avec un article où des immeubles s'effondrent, du bétail se noie, lorsque nous sommes la seule commune de Vallespir sans aucun mort et où aucune maison n'a été emportée ou détruite. Sur une autre page, est évoqué 1987, où des habitations ont été détruites ou emportées. Je rêve, ce sont de complètes affabulations» explique Jean Pi. Tout est présenté, transformé de manière apocalyptique par de jeunes stagiaires de ces bureaux d'études soumis à des directives. Ainsi, Jean Mas explique que « les 38 morts et les ravages du haut et moyen Vallespir le 17 octobre 1940 entre 19h et 24h sont le fait de la rupture du barrage artificiel provoqué par l'usine hydroélectrique à La Llau. Bâtiment construit au milieu de la Coumelade par des ingénieurs incompétents. Cela se transforme dans l'atlas officiel en embâcle (barrage naturel d'arbres) sur le Ruiferrer ou la Coumelade ». En outre, « la hauteur d'eau dans ce document, sur la zone de La Forge, est de 16,75 m ce qui devrait atteindre 3-4 m sur la route et certains toits des maisons » dit Jean Pierre Marquès. Et les chiffres alors, sont basés surtout sur les données de M. Pardé théoricien parisien, ne connaissant pas le terrain, « se répandant facilement dans la presse » cherchant l'exceptionnel, que, lui-même dit présenter des valeurs qu'il a retenues comme "des approximations très contestables" ». Outre, les inondations il y a le problème «sur des terrains classés rouges, de glissements de terrains, qui bloque toute construction lorsque, nous avons réalisé des études convaincantes non prises en compte. L'étude hydraulique demandée en avait été acceptée et se retrouve remise en cause aujourd'hui sans de nouveaux éléments» affirme M. Soler dans la salle. Au titre de ravinements M. Christian Sola expose que « la ligne de ravinement derrière chez lui est confondue avec la piste de moto-cross». La réalité du terrain et l'avis des habitants ainsi méprisés laissent tous le monde confondu. Conforté par cet élan de solidarité de la salle, le collectif Canviem conclut sur l'affirmation que leur combat « ira au bout » et qu'ils gagneront leur lutte au tribunal administratif, et, s'il le faut à l'échelon européen, pour tous les habitants de Reynès.